Football – PSG – Que se passe-t-il au Paris Saint Germain ?

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Que se passe-t-il au Paris Saint Germain ?

Les hommes à Unai Emery ont coulés hier soir au Stadium de Toulouse, 2-0. Battus par une courageuse équipe toulousaine, les parisiens n’ont pas butés sur un adversaire qui leur était supérieur, ils se sabordés eux-mêmes. Parmi les errements du soir, on notera que les deux buts des hommes de Pascal Dupraz sont venus de deux erreurs individuelles de Serge Aurier et Thiago Motta.

Au-delà de l’affaire Ben Arfa qui anime les débats depuis quelques semaines, que se passe-t-il au PSG ? Déjà deux défaites en championnat. Nous allons tenter d’y voir plus clair.

Récapitulons le début de saison des matchs parisiens :

  • Victoire à Bastia 0-1 (adversaire facile)
  • Victoire à Domicile contre Metz 3-0 (équipe promue en Ligue 1)
  • Défaite à Monaco 3-1 (premier adversaire de taille, échec)
  • Match nul à domicile face à Saint-Etienne 1-1 (équipe défensive, on rappellera que Zlatan a tout de même passé 14 buts à Ruffier durant ces quatre ans au PSG version Ancelotti et Blanc…)
  • Match nul 1-1 en Ligue de Champions face à Arsenal, une bonne mi-temps pour le PSG, une deuxième période exécrable avec un Cavani parti faire les vendanges ce soir-là. Si Arsenal repartait avec les 3 points on n’aurait pas crié au scandale
  • L’embellie à Caen vendredi dernier, victoire face à un faible adversaire 0-6
  • Victoire cette semaine au Parc des Princes 3-0 face à la modeste équipe de Dijon
  • Défaite hier soir 2-0 à Toulouse

 

Bilan depuis le début de la saison : 4 victoires / 2 matchs nuls / 2 défaites

Sans faire injure à ces équipes, les 4 victoires parisiennes (Bastia, Metz, Caen, Dijon) ont vu le jour face à des équipes largement à la portée des parisiens. Sous l’ère Laurent Blanc, on rappellera que Paris remportait ce genre de rencontre en marchant pour ne pas dire à une jambe, et si le jeu proposé n’était pas au niveau, on chargeait alors le cévenol et ces hommes.

Parlons du recrutement.

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Meunier, Krychowiak ? On ne va pas tirer des enseignements dès le mois de septembre, mais sur ce qu’on a vu, on peut tout de même se demander si ces deux joueurs ont réellement le niveau pour jouer au PSG. On rappelle que le PSG a pour ambition d’aller « titiller » le Barça, le Bayern et le Real Madrid tout en haut de la hiérarchie du football européen. Est-ce que ces trois équipes précédemment citées recrutent ce type de joueur ? Je ne le pense pas. L’espagnol Jesé est arrivé, estampillé Real Madrid. Emery doit être en train de s’apercevoir qu’il ne peut pas être le pendant de Cavani à la pointe de l’attaque parisienne. Il a plutôt un profil pour être en retrait de l’attaquant de pointe. On rappellera tout de même que Jesé, sur ces 5 saisons au Real, ce n’est que 85 matchs soit une moyenne d’environ 17 matchs par an. Il n’a donc jamais connu une saison pleine que ce soit sportivement ou en terme de blessure. De plus, il a toujours eu un statut de doublure.

C’est Jean-Kevin Augustin qui fait donc office de remplaçant de Cavani. On ne peut rien reprocher au jeune Augustin, mais tout de même, c’est plutôt « léger » comme doublure. Au-delà du fait qu’il n’y ait pas de véritable alternative à l’uruguayen, cela pose aussi la question de la concurrence. Cavani sait que s’il ne se blesse pas il jouera tous les matchs avec le PSG, hormis les matchs de coupe pour le faire souffler. Ce n’est pas un contexte qui pousse un joueur à se transcender.

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Toujours dans le domaine de l’attaque, on se disait que l’après Zlatan allait permettre à certains de donner la pleine mesure de leur talent (Cavani, Pastore, Lucas). Un peu comme à l’école lorsque la terreur de la cour de récréation n’est plus là, logiquement cela laisse le champ libre à certains pour enfin s’exprimer comme ils le souhaitent. Force est de constater que pour l’instant, ce n’est pas le cas. Cavani a beau avoir mis un quadruplé à Caen, ce n’est pas contre les normands en Ligue 1 qu’on attend l’uruguayen, on veut le voir faire endosser ce rôle de « key player » face à un cador européen (comme Arsenal par exemple…). Rappelons ce qu’on reprochait à Ibra durant ces quatre années parisiennes : Fort avec les faibles (comme en Ligue 1 quand il faisait le « boss » face à riri fifi loulou), faible avec les forts (comme en Ligue des Champions, compétition ultime dans laquelle il n’a jamais brillé). Cavani est donc attendu au tournant car il a enfin les clefs du camion de l’attaque parisienne pour les mettre au fond. Mais comme le rappelle Daniel Riolo à juste titre, c’est à la fin de la saison qu’on pourra dresser un véritable de la saison de l’attaquant parisien, pas au mois de septembre. On verra alors si Edinson aura mis des buts importants en Ligue des Champions.

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Les saisons passent et se ressemblent pour un joueur qui passe pour l’instant au travers des salves de critiques envers le club parisien : Angel Di Maria. Recruté durant l’été 2015 pour 63 millions d’euros, celui qui devait être dépositaire du jeu offensif parisien, qui devait nous régaler match après match, pour l’instant on reste sur notre faim. Certes le talent de l’argentin est immense et indéniable, mais il faut croire que l’échec Di Maria à Manchester United se répète à Paris. On ne retrouve pas le grand Di Maria du Real Madrid qui fut un des grands artisans de la conquête de la « decima » par le club « merengue » en 2014. Quel est le problème ? Celui qu’on surnomme « el fideo » aurait-il perdu son football ? Je ne pense pas. Manchester United et Paris ont voulu faire la même chose avec l’argentin, en faire le dépositaire du jeu offensif de l’équipe. Force est de constater que pour l’instant, cela ne fonctionne pas. Lorsque Di Maria était considéré comme un des meilleurs joueurs au monde au real, il n’était pas le chef d’orchestre de l’équipe, il était entouré de joueurs d’exception comme Cristiano Ronaldo, Gareth Bale, Khedira, Modric, Ramos, Marcelo, pour ne citer qu’eux. Sans se montrer irrespectueux envers les parisiens, ce sont des joueurs d’un autre calibre que Krichowiak, Matuidi et Rabiot. J’omets sciemment Verrati car les trois-précédemment cités sont régulièrement titulaire dans le milieu de terrain actuel du PSG d’Emery.

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Revenons au mercato estival. Personne n’est venu pour suppléer Cavani à la pointe de l’attaque. Comme s’il n’y avait que Neymar, qui pour l’instant n’a pas l’intention de bouger du Barça et de toute façon son agent utilise le PSG chaque été pour que le contrat de son poulain soit revalorisé. Il y avait pourtant d’autres attaquants moins clinquants que Neymar qui auraient pu rejoindre le PSG cet été et qui auraient rendus service à Unai Emery. Je pense par exemple à Lacazette, Van Persie, Icardi, Ben Yedder, alors certes ce n’est pas Luis Suarez ou Agüero, mais cela aurait tout de même été une alternative valable. Que se passera-t-il quand Cavani se blessera ? Augustin à la pointe de l’attaque parisienne pour affronter le Bayern ou l’Atlético dans un éventuel quart de finale de Ligue des Champions? Soyons sérieux.

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Toujours au chapitre des mouvements de l’intersaison, Matuidi devait partir à la Juventus, il est toujours là, et pourtant le joueur souhaitait vraiment quitter le PSG. Pourtant, on voit bien que Matuidi ne progresse plus à Paris, il était donc opportun pour lui de rejoindre la Vieille Dame et pour Paris d’encaisser un gros chèque. On pourra aussi se demander pourquoi Paris n’a pas remplacé Thiago Motta, qui à l’évidence, n’est plus au niveau. David Luiz a quitté le club dans les derniers jours du mercato. Evidemment, beaucoup ne regrette pas le brésilien, qui était un peu devenu le souffre-douleur d’une bonne partie des supporters parisiens et des consultants spécialisés. David Luiz n’a pas été remplacé, encore une fois ce transfert à la dernière minute montre que le mercato parisien a été mal géré. Car si Marquinhos ou Thiago Silva se blessent, même si Motta et Aurier peuvent évoluer dans l’axe de la défense, pour l’instant c’est Kimpembe le remplaçant des titulaires. Il est prometteur, mais c’est un jeune. J’imagine mal Kimpembe et Augustin être décisifs en quart de finale de Ligue des Champions contre le Real ou le Barça s’ils devaient être titularisés pour pallier à des blessures.

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Parlons à présent de Patrick Kluivert, nommé directeur du football, ancienne gloire du football néerlandais et consultant sur BeinSport. On connait le joueur, mais quelles sont ces références en tant que dirigeant dans le monde du football ? Quels sont ces réseaux ? C’est très flou. Il y a quatre ans, on rappelle que Leonardo a fait venir Ancelotti, Ibrahimovic, Pastore, Thiago Silva, Marquinhos, David Luiz, Verratti, Sirigu, pour ne citer qu’eux. Un habile mélange de joueur de référence à leur poste et d’autres à fort potentiel. Paris vit toujours sur le fruit du travail effectué par le brésilien, il y a bien eu quelques ajustement depuis (sans grand succès), mais pas de révolution. Depuis le départ de Leonardo, Paris vit sans directeur sportif, et il est bien là le problème. On a d’ailleurs entendu cette semaine, Aubameyang indiqué qu’il avait été contacté par le PSG cet été, que cela ne lui aurait pas déplu, mais que Paris si était mal pris car le club n’a pas de directeur sportif. Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire, qu’à défaut de Suarez ou Neymar, cela aurait eu fière allure de voir l’ancien stéphanois à la pointe de l’attaque parisienne. Un club sans directeur sportif c’est comme une entreprise sans dirigeant, avec juste un PDG qui s’occupe de tout, il ne faut pas être expert en gestion pour savoir que cela ne marche pas.

Peut-être qu’au mois de mai 2017, on regardera le PSG, qui aura une fois de plus remporté la Ligue 1. On se félicitera d’ailleurs que le niveau général de la Ligue 1 était plus élevé que les années précédentes, ce qui donnera encore plus de crédit à Emery. Paris aura peut-être enfin passé le stade des quarts de finale en Ligue des Champions. Unai Emery sera encensé dans tous les médias, il aura confirmé qu’il est le grand entraineur que le PSG attendait depuis le départ d’Ancelotti.

Peut-être que le PSG sera éliminé en huitième de finale de la Ligue des Champions par Dortmund ou l’Atlético, peut-être que le suspense en Ligue 1 tiendra jusqu’à la dernière journée car Paris aura perdu trop de points en route à l’extérieur et terminera 2ème de la Ligue 1 derrière Lyon ou Monaco. Emery sera alors critiqué de toute part, mais je pense qu’il sera tout de même maintenu, avec le crédit d’une saison supplémentaire mais pas une de plus.

En attendant d’en savoir plus, il faut accepter que le club parisien a commencé sa mue et il est fort probable que cela prenne du temps. Les supporters parisiens doivent acceptés que leur club vit une saison de transition. Le coach choisi par les qataris est un technicien d’expérience avec des idées biens précises du jeu qu’il veut pratiquer. C’est un homme qui a fait ces preuves avec le FC Séville en remportant trois coupes Europa League (à lui seul un palmarès européen plus important que tous le football français réuni). Nasser n’a pas été cherché le basque pour remporter la Ligue 1 car pour lui c’est le minimum syndical. Emery a été choisi pour remporter la Ligue des Champions. Pas forcément dès sa première saison, en « off » un nouveau quart de finale doit être l’objectif minimum fixé au nouvel entraineur parisien. Mais dès la saison 2017-2018, c’est demi-finale minimum. Tout en remportant le championnat chaque saison.

Premiers éléments de réponse au printemps 2017.