En juillet et plus que jamais, Macron entre dans le dur

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Alors que les mois de mai et juin avaient vu la popularité de l’exécutif en hausse constante, celle-ci a nettement reculé en juillet, selon le baromètre Ifop-JDD publié dimanche. Selon ce sondage, 54% des sondés déclarent avoir une bonne opinion du président, soit une baisse de 10 points en un mois.

Ce recul est l’un des plus importants qu’ait connu un président de la Vème république derrière Jacques Chirac en 1995, après seulement un peu plus de deux mois d’exercice du pouvoir.

 A-t-on affaire à la fin de l’état de grace d’Emmanuel Macron ?

‘’L’entrée dans l’atmosphère est brutale’’, a commenté Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop. Le contrecoup subit par le président émane selon lui de ‘’secteurs différents de la société’’ : affaire Ferrand, relations dégradées avec la presse, hausse de la CSG, réforme du code du travail, rétablissement du jour de carence chez les fonctionnaires, communication sur l’agenda réformateur de la fiscalité mal maitrisée, et pour finir démission récente, et jamais vue, du chef d’état-major des armées Pierre de Villiers semblent avoir mis fin à la grâce de début de quinquennat. ‘’Je n’aurais pas d’état de grace’’ avait pourtant prévenu Emmanuel Macron lors d’une interview à Europe 1 à quelques jours de son élection à la présidence. ‘’Rien ne sera acquis, les cinq ans qui viennent seront éminemment atypiques’’, avait-il repris, probablement déjà conscient des difficultés à venir.

Convaincu de devoir mener chaque combat de front, et de l’affirmer haut et fort comme dernièrement devant les militaires, au moyen d’un cinglant ‘’je suis votre chef’’, l’état de grace semble bel et bien fini et le président jupitérien est retombé sur terre. Alors que l’été devait être consacré à faire passer la réforme du code du travail par ordonnances, le président français entre dans le dur.

Accusé de s’octroyer les pleins pouvoirs par ses détracteurs et moqué sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron ‘’peut donner l’impression d’un jeu de rôle’’ commente Philippe Moreau, spécialiste de la communication.

Le président et son gouvernement, dirigé par Edouard Philippe, vont désormais devoir montrer leur capacité à négocier avec les partenaires sociaux au même moment où Jean-Luc Mélenchon voit sa côte de popularité grimper, lui qui présente son groupe comme seule véritable opposition au président Macron.

Une chose est sûre, si Macron veut réussir son quinquennat et ne pas connaître la même mésaventure que Sarkozy et Hollande avant lui, il devra trouver le juste équilibre, quitte à se faire quelque peu oublier.

Cédric Pueyo
redaction@rtpm.be